Quel avenir pour le commerce électronique dans les univers virtuels ?
Depuis mes premiers pas dans Second Life, il y a 9 mois, j'y ai découvert des usages qui peuvent déjà intéresser l'entreprise, je pense ainsi aux réunions, aux conférences, à la formation ou bien encore au recrutement. Des usages qui bénéficient du potentiel immersif et interactif de SL.
Pourtant en parcourant cet univers, il est aisé de se rendre compte de son utilisation courante pour y vendre des biens virtuels très variés. On y trouve de tout, des voitures, des vêtements, des montres, des lunettes, etc... La question que je me pose c'est de savoir si des sites de commerce électronique classiques comme Amazon ou La Redoute auraient un intérêt à venir s'installer dans Second Life où dans tout autre monde virtuel.
Premier élément de réflexion : le catalogue.
Ce qui me frappe en visitant les boutiques in-world c'est leur côté finalement très classique et leur catalogue peu fourni. Sans avoir fait d'études exhaustives, je dirais que le nombre moyen de références accessibles dans une v-boutique ne doit pas dépasser quelques dizaines. La raison majeure de cette limite est évidemment l'espace, comment présenter dans une surface forcément limitée plusieurs centaines, milliers voire millions de références ? Les grands sites de e-commerce mettent couramment à la disposition de leurs clients des catalogues aussi énormes, l'ergonomie de ces sites, les moteurs de recherche, les outils d'aide à la suggestion sont désormais là pour rendre disponible toutes ces références. Aujourd'hui l'état de l'art du v-commerce ne permet pas d'offrir une telle diversité, du point de vue quantitatif, les v-boutiques sont donc une régression en ne proposant finalement qu'un nombre réduit de références. Pour que le v-commerce se développe il sera nécessaire d'inventer de nouvelles règles du jeu en matière d'ergonomie. Dans quelle mesure la 3D peut-elle faciliter la recherche dans un catalogue ? Je n'en n'ai aucune idée, mais je ne suis pas un spécialiste de la chose.
Deuxième élément de réflexion : où va-t-on mettre tous ces avatars ?
Un grand site de commerce électronique peut recevoir quotidiennement des dizaines si ce n'est des centaines de milliers de visiteurs uniques. L'avantage de ces visiteurs c'est qu'il ne consomme que des ressources virtuelles comme de la bande passante et du CPU. Dans un monde virtuel, il n'aura échappé à personne qu'un avatar occupe un espace physique, virtuel certes, mais espace tout de même. Avec la difficulté supplémentaire, qu'un avatar peut être de la taille d'un lapin ou d'un éléphant... La question est donc bien là, comment va-t-on pouvoir accueillir tous ces avatars dans des boutiques spatialement limitées ? Là encore je n'ai aucun début d'amorce de solutions.
On voit donc qu'aujourd'hui le v-commerce doit résoudre un problème d'échelle. Personnellement je ne vois pas l'intérêt d'un monde virtuel où mon avatar devrait jouer des coudes et perdre du temps en poussant son v-caddie dans les linéaires de v-Auchan. Le e-commerce nous a permis d'accéder des catalogues absolument gigantesques tout en nous faisant gagner du temps, le v-commerce ne pourra sérieusement percer s'il représente une régression par rapport à son ancêtre le e-commerce.
Le e-commerce n'a t-il donc aucun avenir dans les univers virtuels ? A vrai dire je pense tout à fait le contraire. L'intérêt pourrait fort bien se situer hors de la transaction commerciale pour s'orienter vers le conseil ou l'événementiel. On peut imaginer qu'Amazon propose de dialoguer avec des écrivains ou que la FNAC organise des concerts ou des débats comme elle le fait dans la vie réelle. Là oui, je vois un bénéfice évident à la fois pour la distribution et pour ses clients.
Technorati : secondlife

comme tu l'imagines stephane je ne suis pas tout à fiat d'accord avec toi ;)
Je pense qu'au contraire le e-commerce (et non le v-commerce) un grand avenir dans les univers virtuels... y compris au niveau transactionnel car lorsqu'on parle de e-commerce, on parle bien de transaction sinon ou est le commerce ?
Bien entendu la route est encore semée de quelques embuches mais ce n'est que de la technique donc rien de très compliqué à résoudre. Les mentalités elles seront certainements plus longues à évoluer, le e-commerce sur le web a mis quelques années à s'imposer avant de devenir un élément essentiel de la toile, il en sera de même pour le e-commerce sur les univers virtuels (le web donc ;) )
Encore un fois ce n'est qu'une question de temps.
Et franchement, tant qu'à faire achat en ligne, ne préfères tu pas le faire accompagné d'un vrai vendeur plutôt que sur un site e-commerce aussi user friendly soit-il ?
La technologie ne fait qu'accompagner les usages, le jour où les consommateurs seront rêts acheter chez Amazon dans There ou Entropia ou Second Life alors de solutions viables de eboutiques verront le jour.
Encore un fois, ne passons pas à coté !!!
Rédigé par: David | 03 septembre 2007 at 20:25
David, je ne dis pas autre chose que toi. Je ne suis évidemment pas hostile au v-commerce, il faudra seulement qu'il apporte réellement quelque chose de plus. Le conseil est évidemment une piste que j'indique comme étant une piste intéressante à creuser. Je t'avais indiqué un lien sur cet aspect avec un projet mené par IBM et Kingfisher. Mais tu avoueras quand même que l'on n'a pas besoin d'avoir un conseiller en permanence, je me débrouille très bien tout seul pour acheter mon pack d'eau minéral sur ooshop.
Mon billet n'avait pas d'autres buts que d'indiquer le problème de l'ergonomie et de la scalabilité et de souligner que dès maintenant la distribution pouvait avoir un intérêt à étudier la question, ce qui ne serait pas inintéressant vu notre positionnement professionnel ;-)
Rédigé par: Stéphane Bayle | 03 septembre 2007 at 20:43
Pouvons nous mettre un lien vers votre blog !
Merci
Rédigé par: Second Alsace | 04 septembre 2007 at 11:17