Ca y-est, les DNA viennent de me gâcher ce dimanche en mettant en ligne un article consternant par son non-professionnalisme au sujet de Second Life. Cela commence dès le titre, "Paradis artificiel". Pour débuter dans la caricature, c'est pas mal.
Le papier de Matthieu Mondoloni ne cite aucune source, aucun fait tangible exact. Exemple. Le montant des sommes échangés en mars 2007 serait ainsi selon lui de 5 M€. Où est-il allé chercher ce chiffre ? Mystère. Pour information, en mars, selon les chiffres de Linden Lab, il suffit pour cela d'aller sur le site Second Life, c'est quand même pas compliqué, les avatars ont échangé 7,2 M$ sur le LindeX, la place de marché qui permet de convertir des Linden dollars avec des dollars US et inversement. Au quotidien, les échanges au sein de Second Life dépasse le million de dollars US.
Sur les motivations des entreprises allant dans cet univers c'est tout aussi flou, "de telles sommes ont rapidement suscité l'intérêt d'entreprises comme IBM, Dell ou Amazon, qui ont créé des succursales virtuelles dans SL. L'objectif étant plus d'être présent sur ce nouveau marché publicitaire que de vendre des produits virtuels." Aucune analyse sur les enjeux autres que le buzz. Rien sur l'évolution de l'internet, rien sur les impacts potentiels sur l'innovation, la collaboration, la formation, les ressources humaines ou encore la relation client. Rien, tout simplement le néant. Aucune interview d'experts. Aucune indication des activités des entreprises françaises présentes dans Second Life, rien non plus sur les entreprises de l'autre côté du Rhin.
Quand à la mission d'information locale des DNA, c'est tout aussi consternant. Aucun mot sur les entreprises alsaciennes déjà présentes dans Second Life où la préparation de l'arrivée prochaine de la CCI de Strasbourg et du Bas-Rhin. Je suis d'autant plus attristé que Antoine Latham, le Chef du Service Informations Economiques, a suivi mon intervention au BarCampAlsace des 13 et 14 avril et que Marc Lehe, directeur de la fabrication, était un participant à la table ronde de la conférence web 2.0 et univers virtuels du 25 mai. Je sais aussi que les DNA sont au courant de l'arrivée prochaine de la Chambre de Commerce.
Comment le journaliste voit-il l'avenir de cet univers virtuel ? Selon lui, "une guerre des avatars" est à prévoir. Fichtre, j'en tremble déjà.
Et dire que Matthieu Mondoloni est journaliste multimédia...
Technorati : secondlife, dna, alsace

Je pense que c'est aussi notre rôle d'évangéliser et d'aider les acteurs économiques (incluant les médias, donc les journalistes) à comprendre ce qui sera sans doute l'un des pans majeurs de l'Internet de demain.
Tu ne peux pas leur demander, quelque soit leur professionnalisme, d'être aussi pointu que les opérateurs qui y passent le plus clair de leur temps...
Ceci étant, je pense que tu viens de te faire un copain :-)))
Rédigé par: Pierre-Olivier | 12 août 2007 à 19:37
Pierre-Olivier, ce que je reproche au journaliste des DNA n'est pas d'être au même niveau que nous, mais tout simplement qu'il n'a pas fait son travail de manière professionnel. Pas de source, pas d'entretien auprès des experts, pas de prise de renseignements à la CCI.
Rédigé par: Stéphane Bayle | 12 août 2007 à 19:45
Je suis de plus en plus désespéré par les journalistes... la base du métier qui est de vérifier et citer ses sources et surtout de les multiplier semble de plus en plus oublié. Même si les bloggers ne sont pas des journalstes, il est impressionant de voir que bien souvent, eux ont une démarche journalistique.
Bien sur celà n'empêche pas certains journalistes de faire parfaitement leur travail, notament à propos de Second Life (toujours aussi étonant, souvent dans des journeaux gratuits ou de la presse web)
Rédigé par: Cyril | 17 août 2007 à 11:20
Cyril, je ne peux que t'approuver ;-)
Rédigé par: Stéphane Bayle | 17 août 2007 à 11:26